Regards croisés - La figure 

Stéphane Hazera

Peyrehorade / Mars 2017

Commissariat de l’exposition

Emmanuel Lesgourgues - Ellen Hazera

Le corps est une figure en contre-jour, ombre noire contre la lumière éblouissante.

Comment faire pour qu’il soit aussi paisiblement peint qu’un cyprés, qu’un vase, qu’un nuage, qu’une colonne antique, qu’une étendue de couleur, qu’une forme apparue doucement, lente, libre ? Il serait illusoire d’imaginer que l’ont peut recommencer au début, retrouver le corps primitif et le corps grec, les précéder oublier ou dépasser le corps des anges, celui divin ou démesuré de la Renaissance, le corps tourmenté de l’âge moderne, le corps désiré, la chair, oublier l’histoire entière du corps représenté.

C’est cela qu’il faut peindre, l’histoire entière du corps, dans une forme unique, contre la lumière éblouissante. Mais tout le corps. Le corps comme vie immobile, comme silhouette, comme signe de fond. C’est une forme contre le jour, elle est sombre et précise, silencieuse. Posée sans détail, c’est une surface, un pictogramme plein, un objet de l’Egypte ancienne, comme un objet sur une ligne d’écriture, un objet. .

Stéphane Hazera, « Du Verbe Peindre » - Extrait - Lavielle Editions, 1997